26.07.2009

Mahmoud Darwish et l'épisode libanais (nouvelle version)

En mars 2009, je vous proposais un post intitulé "Mahmoud Darwish et l'épisode libanais", qui racontait un coup de force du poète palestinien montrant comment pour lui le poétique devait transcender le politique.

Mal ficelé, affligé par des oublis, parsemé de fautes, ce post devait être réécrit. Il est maintenant plus lisible et agrémenté d'une vidéo du célèbre poème "Inscris! Je suis Arabe", qu'il avait rédigé en 1964 en prison, devenu cri de ralliement de toute une jeunesse palestinienne et même au delà...

http://10joursabeyrouth.blogspirit.com/archive/2009/03/30...

 

Bonne lecture et bonne écoute.

 

Cédric.

07.06.2009

Elections libanaises du 7 juin (revue de sites)

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L’attention (et la tension) de tous les libanophiles d’Europe sera ce week-end braquée sur le pays au cèdre. Qui a également l’habitude d’être braqué depuis l’Est (Syrie) et le Sud (Israël). Tant que ce n’est pas par de l’artillerie, ça ira. Que nos technocrates de Bruxelles nous pardonnent donc si nous suivons avec plus de passion cette échéance levantine cruciale pour l’avenir du Proche-Orient plutôt que l’élection de nos eurodéputés…

Ce matin pour aller voter, j’ai traversé le marché de ma paisible commune du sud de la France au son de l’accordéon d’un jeune Rom, mis en appétit par les effluves d'un poulet à la broche, le regard attiré par le soleil contenu dans les verres de blanc liquoreux que deux dégustateurs brandissait, à défaut de le trouver dans le ciel. Le citoyen libanais, lui, devra slalomer entre les barbelés et traverser une haie humaine de militaires : 50.000 déployés sur tout le pays ce 7 juin. Pas la même ambiance...

Ces cinquièmes élections législatives depuis la fin de la guerre civile de 1990 sont évidemment très commentées sur la toile, sous l’angle d’une possible victoire du groupement politique dirigé par le Hezbollah. Ce que saoudiens et égyptiens n’apprécieraient que modérément quand Iran et Syrie s’en féliciteraient. Les diplomaties etatsunienne et européennes ne cachent pas quand à elles leur préférence pour le Courant du Futur dirigé par Saad Hariri.

Pour comprendre rapidement les forces en présence, il faut remonter à l’assassinat du premier ministre libanais (et ami de Jacques Chirac) Rafic Hariri le 14 février 2005 qui contribua à polariser la vie politique libanaise en deux groupes : celui du "8 mars", comprenant le Hezbollah et Amal, réunissant d'autres acteurs pro-syriens du pays et un autre dit du "14 mars", composé de partis sunnites et chrétiens, qui réunirent 1 million de personnes en 2005 à Beyrouth pour protester contre la présence syrienne… On aurait aimé que le dicton « Si Mars vient en courroux, il deviendra trop doux » se vérifie. Mais on est au Liban.

Autour de ces deux pôles les alliances se sont dessinées puis décidées, au gré des interets de chacun, tel Michel Aoun qui en 2006 a signé un accord avec le Hezbollah, y voyant la possibilité de profiter de l'aspiration du parti chiite à la tête d'un gros peloton populaire et de doubler ses autres concurents chrétiens.

Quelques éclaircissements ne sont donc pas de trop pour démêler l’écheveau du jeu politique libanais avant que ne soit rendus demain les résultats de cette élection.

Les anglophones auront une approche détaillée de la position du Hezbollah grâce à Joseph Alagha, professeur assistant à l’Université de Nijmegen (Pays Bas) qui vient de publier une indispensable analyse intitulée Hizbullah and the 2009 Lebanese Election dans la revue de l’Institute for Security Studies. Bien plus détaillé que le papier du pourtant brillant Barah Mikhaïl qui se demande sur iloubnan Que veut le Hezbollah ? sans vraiment y répondre.


Iloubnan réunit en revanche un dossier complet sur les acteurs en présence. Parmi les onglets thématiques disposés sur un bandeau bleu qui courre en haut de la page d’accueil de ce dossier (en français), on trouvera notamment les textes de références et les partis politiques. Un bon travail synthétique de la journaliste Laurence Escorneboueu.

Contrairement à votre humble et débordé serviteur, le site libanews est allé crescendo, ces dernières semaines, dans la publication de posts sur le sujet. On peut également suivre un filet où l’info tombe en temps réel.


Last but not least le blog de l’universitaire américain Joshua Landis vaut le détour pour son approche plus géopolitique que locale. Les commentaires de ces posts sont également intéressant pour entrer dans le débat international car c’est un public avertit et varié qui fréquentent son blog…

On ne peut clôturer une telle revue de sites (comme il y a des revues de presse) sans laisser la parole à un grand monsieur du journalisme libanais assassiné peu après Rafiq Hariri, le 2 juin 2005 : Samir Kassir. Le propos est radical, mais le citer relève du devoir de mémoire tout autant que de celui de la pensée critique, qui doit pouvoir librement s’exercer dans le contexte libanais, si le pays veut affronter les défis de demain en évitant désormais toutes les erreurs de ses voisins du monde arabe. Et il se trouve que la conviction de Kassir correspond à la maxime de ce blog qui veut que les corps et les âmes se rencontrent plutôt que la politique et la religion, éternel cocktail détonnant :

«Si elle résulte d’abord du déficit démocratique, la montée de l’islam politique ne saurait être une réponse à l’impasse des Etats et des sociétés arabes. Résistance à l’oppression, elle naît aussi de l’échec de l’Etat moderne et de l’égalitarisme des idéologies du progrès et, en ce sens, s’apparente à la montée des fascismes en Europe […] Aussi, valider la prétention de l’islam politique à représenter une force de changement revient-il à accepter l’idée que le déficit démocratique sera pérenne et que le rendez-vous de la modernité continuera d’être râté. (Considérations sur le malheur arabe, Actes Sud/Sindbad, 2004)

Aux libanais de choisir, afin que leur pays devienne enfin une Nation.

 

TELEX: 52% de participation aux dernières nouvelles (soit à 19h00, heure de fermeture des bureaux de vote)

30.03.2009

Mahmoud Darwish et l'épisode libanais

(revu, corrigé, complété le 26 juillet 2009)

Aucune anecdote ne peut mieux résumer l'esprit qui anime ce blog. Ou peut-être est-ce là de ma part une justification intellectuelle a posteriori de celui-ci, tant cette histoire racontée par le poète Elias Sanbar (traducteur de l'œuvre de Darwish en français) que je reprends ici m'a touché? Elle incarne la résistance poétique à la tyrannie politique, même si ces deux instances, dans l'œuvre du poète palestinien, sont intimement liés...

Présent à Bordeaux en 1998 pour une journée consacrée à la poésie arabe, Sanbar fait un bond dans le temps et l'espace, dans le Liban du début des années 70, où les balles déjà pleuvaient pour raconter à son auditoire une anedote impliquant Darwish (1941-2008). Déjà très connu pour ses poèmes dans tout le monde arabe, le poète palestinien fait face à un parterre d'étudiants et militants de tous horizons, libanais et palestiniens, venus l'écouter. Très vite, ils réclament au poète son "Inscris! Je suis Arabe" (aussi connu sous le nom d'"Identité"), salve identitaire écrite en 1964, à l'âge de 22 ans, alors qu'il se trouvait dans les geôles pour cause d'activité nationaliste. La défaite arabe de juin 1967 ne va qu'amplifier la popularité de ce cri du poète.

 

C'est donc fort logiquement que dans le contexte libanais de l'époque (où sont déjà installés des camps de réfugiés palestiniens depuis 20 ans une génération de jeunes adultes), la foule (plus de 2000 personnes) venue l'écouter lui réclame à corps et à cri son "Inscris! Je suis Arabe". Darwish ne s'exécutera pas. Il refusera catégoriquement, à la grande stupéfaction de la jeunesse poétique et politique du Levant. Mais écoutons son traducteur  Elias Sanbar, alors jeune admirateur présent dans la salle, nous raconter cette attitude inatendue du poète:

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"Je me souviens très bien d'une salle hurlant, réclamant au poète de dire "Inscris! Je suis Arabe." et lui répondant avec entêtement en répondant par le titre d'un autre poème, qui était un poème d'amour, "Je t'aime ou ne t'aime pas", "Ouhibouki aoum la ouhibouki". Et il y a eu un véritable bras de fer qui a duré presque un quart d'heure avec hurlements dans la salle [...] mais finalement il n'a pas cédé, il a déclamé une série de poèmes d'amour. Ce jour-là, je me suis dit, "ça c'est un homme libre." [...] Ce que je vous raconte là, maintenant que je suis encore plus proche de son œuvre à travers la traduction, c'est que je crois que sa poésie est précisément là. Non pas que Mahmoud Darwish est une voix qui, au lieu de dire "Je suis Arabe" répond par "Je t'aime", mais c'est une voix qui peut dire "Je suis Arabe" et en même temps, pas alternativement, "Je t'aime" à une femme. C'est une voix qui peut dire toute l'intimité de la Palestine et qui peut dire en même temps ce que chaque Palestinien, comme tout être humain, recèle d'universel, et d'humain tout simplement. C'est une voix qui peut chuchoter, dire des murmures, et qui en même temps peut dire l'épopée, le grand chant lyrique. C'est une voix qui est précisément dans cette tension."

Ou la métaphore de la vie qui reprend ses droits sur le chaos politique. L'amour universel plutôt le particularisme identitaire.

Outre cette belle histoire déclamée presque comme un poème par la voix douce d'Elias Sanbar, vous pouvez aussi écouter des textes de Darwish en français et en Arabe, grâce à l'association bordelaise Biblio, qui tient un blog fort utile de littérature du monde. Ce lien vous mène vers un billet daté du 18 septembre 2008 au bas duquel vous trouverez une barre munie d'un icône "play" triangulaire sur lequel il vous suffira de cliquer pour lancer l'enregistrement de cette rencontre qui eu lieu sur les rives de Garonne il y a 10 ans, et dont je viens de retranscrire un court extrait.

Mais pour ceux qui, comme à Beyrouth en ce début de décennie 70, seraient frustrés de ne pas pouvoir écouter le poème politique et identitaire de Darwish, je fais une concession à la ligne éditoriale de ce blog et vous propose ici le lien vers une vidéo dans laquelle il le déclame.

Dans le secret d'un tout personnel requiem adressé au défunt poète, je lui ai demandé sa permission. Il me l'a accordé, en me faisant promettre toutefois de toujours faire primer la poésie du cœur sur celle des tripes...

 

Mahmoud Darwich, "Inscris! Je suis Arabe" (ou "Identité"), 1964.





Inscris !
Je suis Arabe
Le numéro de ma carte : cinquante mille
Nombre d'enfants : huit
Et le neuvième... arrivera après l'été !
Et te voilà furieux !


Inscris !
Je suis Arabe
Je travaille à la carrière avec mes compagnons de peine
Et j'ai huit bambins
Leur galette de pain
Les vêtements, leur cahier d'écolier
Je les tire des rochers...
Oh ! je n'irai pas quémander l'aumône à ta porte
Je ne me fais pas tout petit au porche de ton palais
Et te voilà furieux !


Inscris !
Je suis Arabe
Sans nom de famille - je suis mon prénom
« Patient infiniment » dans un pays où tous
Vivent sur les braises de la Colère
Mes racines...
Avant la naissance du temps elles prirent pied
Avant l'effusion de la durée
Avant le cyprès et l'olivier
...avant l'éclosion de l'herbe
Mon père... est d'une famille de laboureurs
N'a rien avec messieurs les notables
Mon grand-père était paysan - être
Sans valeur - ni ascendance.
Ma maison, une hutte de gardien
En troncs et en roseaux
Voilà qui je suis - cela te plaît-il ?
Sans nom de famille, je ne suis que mon prénom.


Inscris !
Je suis Arabe
Mes cheveux... couleur du charbon
Mes yeux... couleur de café
Signes particuliers :
Sur la tête un kefiyyé avec son cordon bien serré
Et ma paume est dure comme une pierre
...elle écorche celui qui la serre
La nourriture que je préfère c'est
L'huile d'olive et le thym


Mon adresse :
Je suis d'un village isolé...
Où les rues n'ont plus de noms
Et tous les hommes... à la carrière comme au champ
Aiment bien le communisme
Inscris !
Je suis Arabe
Et te voilà furieux !


Inscris
Que je suis Arabe
Que tu as rafflé les vignes de mes pères
Et la terre que je cultivais
Moi et mes enfants ensemble
Tu nous as tout pris hormis
Pour la survie de mes petits-fils
Les rochers que voici
Mais votre gouvernement va les saisir aussi
...à ce que l'on dit !


DONC


Inscris !
En tête du premier feuillet
Que je n'ai pas de haine pour les hommes
Que je n'assaille personne mais que
Si j'ai faim
Je mange la chair de mon Usurpateur
Gare ! Gare ! Gare
À ma fureur !

 

 

11.10.2008

Le Liban à Malagar avec Salah Stétié

Le 13 septembre dernier, je vous annonçais les 5eme Rendez-Vous de la Francophonie organisés par le Centre François Mauriac de Malagar (près de Langon, en Gironde). Ils se sont tenus le 4 octobre dernier. Probablement récompensé pour sa piété, l'ancien propriétaire des lieux à obtenu la clémence du ciel au-dessus du splendide panorama qui vit naître tant de ses romans et Bloc-notes...

A l'heure où les premiers invités arrivaient, une aube rosée flattait encore les vignes qui entourent le domaine. Un tapis de feuilles de chênes les accueillaient jusqu'à la grange rénovée où se tiendraient les débats.

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Privilège fut rendu à l'ambassadeur Salah Stétié d'ouvrir la journée. Octogénaire bon pied bon oeil, sa parole est un flot tranquille que les remous des considérations politiques perturbent à peine. On ne peut s'empêcher de penser que c'est l'âme du poète qui apaise celle du diplomate et non l'inverse. Car Salah Stétié en est un de premier plan. Il a cotoyé Jouve, Mandiargues, Ungaretti, Bonnefoy et d'autres grands noms de la poésie française contemporaine. Au sommet de la francophonie libanaise, sa maîtrise de la langue pourrait rendre jaloux ses plus illustres représentants, à l'instar de Nabokov écrivant et s'exprimant dans un anglais qui en fait un descendant de Shakespeare autant que de Tolstoï... L'Académie Française lui a d'ailleurs décerné en 1995 le Grand Prix de la Francophonie. Son parcours de diplomate est évidemment passé par Paris, où il fût également délégué permanent à l'UNESCO, puis par le Maroc où il fût ambassadeur ainsi que La Haye, aux Pays-Bas. Il fût dans son pays secrétaire général du Ministère des Affaires Etrangères.

Celui qui "peut ne pas grasseyer (rouler les r avec le bout de la langue) mais ne le fait pas" a livré un hymne à la langue française. sur le thème "Arabité et Francité, l'indispensable dialogue". On ne partagera pas, simplement, son idée à la Wilhelm von Humboldt (ça date) que langue imprime une "structure mentale spécifique", que l'identité est comme liée à la langue. Que la langue soit pour des groupes d'individus le critère majeur d'une distinction politique et géographique ne signifie pas que la structure grammaticale et syntaxique de celle-ci dirige leurs consciences. Mais entrer dans des considérations ethnolinguistiques nous amènerait dans d'autres sphères...

salah stétié.jpg

Sur le fond de son intervention, nous avons apprécié comment littérature et poésie -disons la culture- sont les conditions d'une réflexion politique. Et comment elles peuvent se mêler et s'opposer, car comme Saïd le pensait, celle-ci n'est pas nécessairement le véhicule de celle-là. Peut-être réussirons-nous à récupérer le long texte à la base de son intervention. En attendant, écoutons sa réponse à une question de votre humble serviteur qui, précisément, utilisant moyen heuristique de la comparaison, cherche à savoir au final comment culture et politique ont pu se rencontrer sans trop de heurts dans le cas franco-libanais, au point de produire une si éclatante et durable francophilie-francophonie comme l'ambassadeur Stétié -qui a grandit dans un milieu sunnite pratiquant et libéral- en est l'illustration:

10joursabeyrouth: "Vous avez déjà effleuré quelques éléments de réponses à la question que je souhaite vous poser, mais souvent les libanais à qui je la pose se retrouvent un peu "couillonés" comme on dit chez nous (ça c'est mon souci de familiariser monsieur l'ambassadeur avec nos gasconnades...). Vous avez évoqué le mandat français au Liban confié par la SDN en 1920 et parallèlement, celui des Anglais en Palestine, en Irak et en Egypte... Pourquoi, dans le cas anglais, cette présence a donné lieu a un mouvement anti-occidental qui produit encore ses effets: je veux parler de l'avènement en 1928 des Frères Musulmans (pour des raisons que l'on peut parfaitement comprendre du reste...), et surtout de ses branches dissidentes telles que Sayid Qutb ou la Gama'a Islamyia (qui a depuis déposé les armes...), alors que d'un autre côté, on a le développement d'une extraordinaire francophilie? Cela suscite d'autant plus le questionnement pour qui est formé à l'anthropologie que le systême colonial anglais était réputé "plus souple" que le français, par le biais de l'"indirect rule", quand les colonialistes hexagonaux usaient du mode d'administration façon "direct rule"...


Salah Stétié:
"Effectivement, dans la mesure ou un pays impose sa domination à un autre pays, il est refusé. Cela dit, une fois que les contentieux ont cessé avec les pays anciennement colonisés, anciennement dominés, la présence française est restée, et je dirais même qu'elle s'est renforcée. Elle s'est renforcée au Liban et aujourd'hui, la Syrie est demandeuse. La culture française reste malgré tout présente en Algérie, également, et les écrivains algériens de langue française sont des écrivains déterminants. Même chose au Maroc, même chose en Tunisie. Le problème que pose notre ami est un vrai problème. En effet, pourquoi la France est donc restée et pourquoi l'Angleterre n'est pas restée? Non seulement elle n'est pas restée, mais partout où elle est passée, elle a créé une situation dramatique sur le terrain. La Palestine; qui depuis 60 ans que les anglais sont partis est un pays martyr, Chypre; coupé en deux, le Zimbabwe (ex-rhodésie); l'Irlande et même l'Inde; où les anglais sont restés 300 ans [suite inaudible]. Eh bien... les anglais ne se mélangent pas! Les anglais vont dans un pays avec leur "cup of tea". Il y a un vers de Chesterton qui définit un peu cet état des choses. Il écrit en 1910 -l'époque coloniale était alors à son apogée- donnant cette définition de la terre: "La terre est un lieu où se trouve l'Angleterre" (rires dans la salle). Les Français se mélangent davantage, et, de ce fait, malgré tout, ils laissent une nostalgie au moment où ils partent, qui se traduit par une volonté -fut-elle relative- d'adhérer à leur mode de vie politique par exemple. La Constitution libanaise est copiée sur la Constitution de la IIIeme République. Mais ce que l'on sait moins, c'est que la Constitution syrienne également est copiée sur la Constitution française. Cela fait une grande différence, n'est-ce pas. La culture anglaise est une très grande culture, mais elle n'est pas aussi spontanément partageable que la culture française. (à l'assistance) Vous en êtes la preuve vivante (applaudissements)."

Magister dixit ;-)