14.11.2008
Sleiman à l'UNESCO (2)
L'Orient le jour, jeudi 13 novembre 2008 (article 2)
Dialogue des cultures : Sleiman réaffirme l’ambition internationale du Liban
C’est un discours empreint d’un grand humanisme que Michel Sleiman a tenu hier à la tribune des Nations unies dans le cadre de l’Assemblée générale sur la « Culture de la paix ».
Pour le chef de l’État, « nous avons fortement besoin de prévenir les maux qu’entraîne la force commise en réaction aux appels visant à exclure, voire anéantir celui qui est différent de nous. Il est impérieux pour cela que nous instaurions un dialogue
véritable, le dialogue de la vie et des idées, un dialogue à la fois patient et audacieux, afin de jeter les bases des relations entre les peuples de religions et de cultures diverses », a-t-il souligné. « Diverses expériences, y compris notre propre expérience libanaise, nous ont enseigné que le véritable dialogue est celui qui survit aux craintes et aux tentatives d’intimidation et qui permet aux personnes de construire des passerelles en vue de surmonter la peur, l’intimidation et d’éteindre les incendies allumés par les tensions et le fanatisme », a ajouté le président Sleiman, qui a tenu toutefois à préciser qu’un « recours brusque au dialogue pour régler les conflits existants ou pour désamorcer ceux qui couvent ne peut produire le moindre résultat s’il n’est pas fondé sur un long processus cumulatif, bâti avec soin, basé sur des liens de confiance et d’ouverture sur l’autre ». Le président Sleiman a également souligné que « l’efficacité du dialogue reste tributaire de relations de forces asymétriques et la persistance de la domination, de l’oppression et de l’arbitraire met en jeu sa crédibilité. Cela est surtout vrai au Moyen-Orient et en Terre sainte. Comment peut-on encourager et le dialogue et le progrès lorsque persiste l’occupation israélienne des terres palestiniennes et arabes et quand les droits fondamentaux du peuple palestinien sont systématiquement bafoués, notamment le droit des réfugiés au retour sur leurs terres et dans leur foyer ? » s’est-il demandé.
Et d’enchaîner en rappelant que « ceux qui aiment le Liban – et ils ne sont pas peu nombreux – savent fort bien que notre pays a des caractéristiques uniques qui lui ont permis de surmonter les drames qui ont mis à l’épreuve notre volonté de vivre ensemble dans un seul pays riche dans sa diversité, fermement convaincu de son appartenance arabe et interagissant avec les cultures du monde ». Pour lui, le Liban est « l’espace le plus grand et le plus riche pour le dialogue entre les religions et les cultures, au service du monde arabo-musulman et du monde entier. Dans l’allocution que j’avais prononcée devant l’Assemblée générale en novembre dernier, j’avais eu l’occasion de dire que “la philosophie de l’unité libanaise est fondée sur le dialogue, la réconciliation et la coexistence” et de souligner notre ambition de voir le Liban devenir un centre international pour la gestion du dialogue entre les civilisations et les cultures et par conséquent un laboratoire mondial pour ce dialogue entre les entités », a insisté le chef de l’État.
« Nous sommes réunis ici aujourd’hui pour dire notre refus du choc des ignorances et pour souligner notre volonté de travailler ensemble dans les domaines de l’éthique, de la culture, de la politique et de relations internationales saines. Notre réunion ici a une portée symbolique », a conclu Michel Sleiman.
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Sleiman à l'UNESCO
Le Liban se voudrait laboratoire du dialogue des cultures. C'est l'ambition qu'a formulé le Président Michel Sleiman, dans son allocution du 12 novembre, devant un parterre de représentant siégeant à l'UNESCO. Comme pour le discours de Philadelphie de Barack Obama on a envie de croire que son auteur mettra tout en oeuvre pour concrétiser le bel élan humaniste qui lui a fait déclamer une telle ambition.
"Politique et religion avec modération", avions nous dit... Après les conférences d'Ahmed Beydoun sur la situtation politique au Liban, un nouveau post politique pour faire le quotat de ce mois-ci. Après, promis, on repasse à la poésie et à la littérature (ou ce qui se voudrait telles).
L'Orient le jour, jeudi 13 novembre 2008 (article 1)
Ouverture avec panache de l’Assemblée générale sur la « Culture de la paix »
NEW YORK, de notre correspondante aux Nations unies, Sylviane ZEHIL
C’est avec panache que la réunion internationale de haut niveau s’est ouverte hier à l’Assemblée générale de l’ONU sur le thème de la « Culture de la paix », en présence du roi Abdallah d’Arabie saoudite, qui en avait pris l’initiative.
Cette « réunion revêt une grande importance en vue de réaliser les aspirations communes de l’humanité et d’établir des relations de tolérance, d’acceptation mutuelle et de respect des spécificités religieuses et culturelles », a déclaré le président Michel Sleiman à la tribune de l’ONU. Huitième à prendre la parole, juste après la présidente de la Finlande, il a mis l’accent sur « l’intérêt commun dans l’appel au dialogue », du « fait de l’inquiétude suscitée par des phénomènes de violence confessionnelle et ethnique, de terrorisme, d’intimidation, de coercition, de diffamation et d’atteinte à la dignité ». Le président Sleiman a rappelé fièrement que « le Liban a pour vocation la liberté », qu’il est le modèle de pluralité et un espace de dialogue et de coexistence de cultures et de religions différentes. « Le Liban est une nécessité tant pour l’Orient que pour l’Occident », a-t-il encore dit, citant les papes Jean-Paul II et Benoît XVI. « À ce titre, le Liban mérite le soutien de la communauté internationale – un soutien qui ne saurait se renforcer que par l’instauration d’une paix juste et durable au Proche-Orient », a rappelé le président Sleiman.

Quoi qu’il en soit, rois, princes, cheikhs, présidents, chefs de gouvernement, ministres, dignitaires religieux (dont le président du concile pontifical du Vatican pour le dialogue interreligieux) et représentants de plusieurs pays ont pris part à cette réunion sur le « dialogue entre cultures et religions » pour exprimer d’une seule voix le besoin d’établir des relations de tolérance et d’acceptation de l’autre. Qualifiée de moment « tout à fait unique et encourageant » par Ban Ki-moon, cette conférence a été l’occasion de faire appel à la modération religieuse et de mettre fin à la diffamation et aux « stéréotypes », sources de ressentiment et de peur. Cette réunion de haut niveau a été aussi l’occasion de rappeler l’importance de trouver une « solution équitable » au conflit du Moyen-Orient. Ce thème a été exprimé avec force et fermeté dans la déclaration du président israélien, Shimon Peres.
À l’occasion de la présence des chefs d’État et de gouvernement à New York, un dîner a été donné la veille par le secrétaire général de l’ONU au siège des Nations unies. En tout quatre tables, et au menu : salade frisée, champignons strudel nappés d’une vinaigrette aux truffes, médaillon de filet de veau accompagné de foie gras et champignons sauvages nappé de sauce madère, tarte aux pommes garnie de cannelle et crème anglaise, le tout arrosé d’un Pouilly-Fuissé Patriarche 2004, et d’un Bordeaux Château d’Arcins Haut Médoc 2005.
Le président Michel Sleiman a été placé entre le roi saoudien Abdallah et le représentant du Vatican, le cardinal Jean-Louis Tauran, à la table d’honneur de Ban Ki-moon, comprenant notamment le Premier ministre du Qatar, le grand imam d’Égypte, le président du Kazakhstan, l’émir du Koweït, le ministre saoudien des Affaires étrangères et le chef de cabinet de Ban Ki-moon, a raconté à L’Orient-Le Jour une source onusienne. Quant au président israélien Shimon Peres, il s’est retrouvé « à seize pieds plus loin », entre le Premier ministre du Maroc et le ministre des Affaires étrangères d’Oman.
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