28.04.2009

Philosophie pratique de la tentative avortée (full version)

Votre humble plumitif étant à son grand désarroi éloigné de la création poétique et littéraire pour raison universitaire, qu'il lui soit permis, en guise de réponse dilatoire à votre inextinguible soif de le lire, de vous proposer une version corrigée, complétée et achevée de sa "Philosophie pratique de la tentative avortée" publiée l'an dernier sur ce blog en trois parties non-abouties. Elle est basée entre autre sur une expérience libanaise. Post auto-décrété d'utilité publique pour ces messieurs qui "comme moi hésitent, bégayent, tergiversent..."

A tous les anti-Delon qui comme moi hésitent, bégayent, tergiversent...

Il est arrivé à tout homme, fût-il timide, de produire l'effort pour aller au devant d'une femme qui lui plaît. Et si ce n'est pas encore le cas, ce moment viendra nécessairement. Pour celui-ci, la démarche sera d'autant moins coûteuse qu'il aura fait l'amer expérience du remord . Celui de ne pas avoir embrayé une approche alors que la silhouette de celle qui a fait accélérer les battements de son cœur s'évapore à l'horizon. Mis à nouveau dans cette situation, il reverra immanquablement défiler dans sa mémoire les visages de celles à qui il aurait pu glisser un mot, afin d'entamer une interaction...

Puis arrive le moment où la conjonction de la beauté d'une femme et le trop plein de remords font exploser la barrière de la timidité d'un homme, sa peur d'être éconduit, e la perspective du risque que son honneur soit écorné. Ce qui n'est tout de même pas rien, si ces dames veulent bien avoir l'indulgence d'en convenir !

L'étape intermédiaire de ce processus suscite souvent des remords encore plus violents que le fait de ne rien tenter du tout. Le cap de la première approche est franchi, mais, pour de multiples raisons, au premier rang desquelles un manque d'inspiration (ou pire, la peur du manque d'inspiration), on échoue à prolonger l'échange avec la belle.

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Alors que dehors, le soleil cesse son acharnement pour laisser place à la doucereuse nuit d'Orient, la ruche ultrabourgeoise qu'est le centre commercial ABC de Beyrouth bourdonne d'abeilles qui veulent toutes le trône de la reine. Je voudrais l'espace d'un soir que la mienne soit Dani Klein, la bouleversante chanteuse de Vaya con dios. Elle passe au festival de Byblos dans une semaine. Mais le guichet de la billetterie d'un grand distributeur de disque est pris d'assaut par les fans de Mika ("Take it iiiiiiiiiiiiiiiiiisè!!!"), libanais d'origine qui se donnera bientôt en concert à Beyrouth. Sur les conseils de ce grand philosophe people et imberbe, je prend mon mal en patience.

Divine récompense pour ce jihad en nafs, voici qu'une superbe phénicienne vient déposer son mètre quatre-vingt à côté du mien. Avec ses talons, elle me surplombe même un peu. Je veux bien patienter trois heures de plus... Mes hormones, elles, n'ont pas cette patience et entament déjà leur ballet infernal qui me chatouille l'ensemble du corps jusqu'à la gorge afin que je balance quelques mots. C'est le moment critique. Celui où l'on est plus tout à fait maître de soi-même et où il faut pourtant conserver toute sa raison et mimer un aplomb qui ne fait pas partie de notre registre habituel...

La lenteur des clients qui me précèdent ne me laisse aucune excuse. Je dois me lancer. Sous la pression, j'ai peur de sortir une banalité. Je prends donc quelques secondes de plus, sans toutefois me laisser le temps d'une trop longue réflexion qui pourrait mettre sous l'éteignoir mes velléités :

-"Te fatigues pas, je peux te faire un concert gratuit de Mika..."

La belle, qui scrutait jusqu'alors le plan de la salle tourne la tête vers moi sans même marquer un brin de surprise. Ce qui semble montrer une certaine habitude de l'alpague. Elle me sourit quand-même et me lance un sympathique "Ah bon?", sans poursuivre. Mais c'est à moi de développer les linéaments de l'interrelation qui commencent à peine à se tisser, pas à elle. C'est bien elle la muse et moi l'artisan. Il faut donc faire jaillir coûte que coûte l'inspiration, fût-elle en deçà de nos critères du héros romantique...

-"Ouais, je pense que je pourrais y arriver avec un peu d'indulgence de ta part", lançais-je pour ne pas laisser trop longtemps tourner le chronomètre du silence.

Elle sourit de plus belle. "Putain, ça marche!" (là, c'est ma voix intérieure qui destine ce commentaire à ma propre conscience, mi-surpris, mi autocongratulatoire à l'instant exact où son visage s'éclaire...)

A ce moment-là, le groupe de fans de Mika empoche sa razzia de places et laisse la place libre. Je commets l'erreur de diriger machinalement mon regard vers le vendeur, qui m'invite à m'approcher. Je ne me déplace alors que d'un mètre, mais j'ai l'impression de passer de l'autre côté de la rive de la méditerranée et d'y laisser la sublime loubnania... Je m'enquiers donc distraitement du tarif des places du concert que tiendra Dani Klein (Vaya con Dios) à Byblos les 17 et 18 juillet (post à venir). Il commence à décliner quelques possibilités, quand ô miracle, une voix de miel me parvient de l'autre côté de la rive:


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-"Alors je te chanterai du Vaya!"

Comment? Même si par l'évocation de l'antique Byblos nous nous rapprochons de la Genèse, je ne connais cette fille ni d'Adam ni d'Eve, et voilà qu'elle me propose déjà de me bercer par la voix chaude de Dani Klein ? Nouveau miracle en provenance de la proche Terre Sainte! Intervention du Grand Artisan! Comment expliquer cela autrement? Mais voilà que le vendeur me presse à nouveau. Et abasourdi par ce qui vient de se produire, je me tourne vers l'homme à la chemise rouge (c'est tout ce que je distingue de lui, mes yeux étant restés dans le décolleté de la sublime loubnania), jette un œil sur le plan de salle:

-"Va pour le tarif intermédiaire, en milieu de salle..."

-"Très bien".

Pendant ce temps-là, ma Dani Klein beyrouthine a elle aussi replongé dans son plan de salle. Alors, celui qui me sépare de ma muse sans le vouloir me réclame maintenant la thune. Je pense qu'il aurait pu à ce moment précis me réclamer 1 million de livres libanaises (environ 650 dollars), je n'y aurai même pas prêté attention. Je m'acquitte de la somme réelle -que je sentirai passer un peu plus tard dans la soirée- au moment où se produit un bien désagréable coup de théâtre. Une amie la rejoint au guichet, disserte avec elle (en arabe), très probablement sur le caractère prohibitif des places, puis s'envole aussi sec. Je ne l'ai pas poursuivie pour l'arrêter. Cela demande une assurance en soi encore plus importante que de lancer la phrase d'accroche. Pris par le remord, la thermodynamique de mon coeur s'enclenche. Mais il était déjà trop tard. Comment la retrouver dans ce dédale de galeries marchandes luxueuses disposées sur quatre étages, où ses compatriotes libanaises forment un immense entrelacs d'effluves et de couleurs? L'autoflagellation intérieure pouvait commencer.

Quand cela se passe (c'est-à-dire quand cela ne se passe pas), l'échec se grave dans votre mémoire. Y est associé le visage de la belle comme celui du wanted punaisé sur le mur du bureau d'un shérif. Mais cet effort consentie ne l'est pas en pure perte. Votre complexe hypothalamo-hypophysaire saura vous rappeler, le moment venu, la douleur que vous encourez si à nouveau vous tergiversez... Une forme de résilience romantique, pour reprendre à notre compte la notion du célèbre neuropsychiatre et éthologue Boris Cyrulnik. Elle rejoignait désormais la grande galerie des mes rencontres non abouties (j'ai peine à dire "manquées").

Dans un passage célèbre de "La nouvelle Eloïse", Rousseau écrivait : "Malheur à qui n'a plus rien à désirer ! il perd pour ainsi dire tout ce qu'il possède. On jouit moins de ce qu'on obtient que de ce qu'on espère, et l'on n'est heureux qu'avant d'être heureux." Peut-être cette maxime vaut-elle pour les choses matérielles... Mais pour le charnel et le spirituel? Mais pour une femme comme celle-ci? L'espérer sans jamais pouvoir la toucher ce n'est pas jouir mais se torturer! N'est-ce pas tout simplement la définition du tragique? "Le tragique, nous dit le jeune philosophe Thomas Duzer scrutant l'oeuvre de Clément Rosset, naît de la contradiction entre les données du réel et les exigences de la joie" (cf sa réflexion-critique de haute volée sur l'oeuvre du maître). Tragique était donc le mot qui le mieux définissait la situation.

Voilà donc une tentative de séduction avortée à mon corps défendant qui apportait de l'eau à mon moulin amoureux tout autant qu'il m'infligeait une blessure. Ou peut-être apportait-il de l'eau à mon moulin d'amoureux précisément parce qu'il m'infligeait une blessure? Mais la tentative, fût-elle avortée, avait rendu possible des horizons qui rendait ma timidité de plus en plus caduque.

Un peu différents sont les sentiments que procurent une tentative que vous choisissez délibérément d'avorter. Mais à quel nécessité répond ce petit suicide, me dira-t'on? Il s'agissait de se mithridatiser (immuniser par accoutumance à un poison) d'une dépendance infernale aux femmes. Quand les femmes occupent trop votre esprit c'est qu'elles n'occupent pas assez votre lit, et quand elles occupent trop votre lit, vous ne vous occupez plus de votre esprit.

C'était il y a environ un mois, au Canada, dans le musée d'art moderne (parce que je ne comprends toujours pas...) de Montréal. La soirée du mercredi étant gratuite, une foule bien plus dense qu'à l'accoutumée traversait les salles d'expositions. Dominait un assortiment multiculturel de jeunes femmes branchouilles ou précieuses décontractées, typiques du public des musées d'art moderne (en tout cas des deux que j'avais visité auparavant). La rapidité de mes pas et la lenteur des siens devant les œuvres nous rapprochaient involontairement l'un de l'autre. Alors, curieusement, mes pas commençaient eux-aussi à ralentir pour se mettre au diapason de cette lolita à la coiffure un brin excentrique qui contrastait avec son visage de poupée sage...

Mes capteurs olfactifs étaient pour la première fois attirés par une autre odeur qu'un subtile parfum. La menthe qui exhalait de son machouillement hyperactif sans être vulgaire me transportait immédiatement au sommet des Vosges... Était-ce un auto-encouragement, une ruse de ma conscience pour lever toute mes préventions: j'étais convaincu qu'elle me toisait ponctuellement du coin de l'œil. Je trouvais alors l'œuvre d'art moderne qui me servirait à créer l'interaction dont l'imminence avait fait accélérer les battements de mon cœur. Il faut bien que l'art moderne serve à quelque chose... En l'occurrence, il s'agissait d'une série de vitres de transport public graffées (ou gravées) à la clé, comme l'on peut en trouver sur les RER d'île-de-France. Là était donc la subversion: ce qui passait dans la vie vulgaire pour du vandalisme, faisait son entrée dans une institution artistique par la volonté de quelques bobos compatissants. Pourquoi pas? Alors que mon épaule frôlait la sienne devant cet "œuvre", je sortais une clé de ma poche pour mimer l'acte du graff sur la vitre en ajoutant la parole au geste:

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-"Do you think they would agree if I add my contribution there?"

- (en souriant) "I don't think so!"

Le sourire en lui même valait plus que le contenu de la réponse: la crainte avait été vaincue, elle laissait place au péril de l'interaction*. La discussion faisait bon train puis s'estompait parfois devant les œuvres d'art. Inquiet de perturber nos plans de visites respectifs, je faisais ce choix hautement contestable de laisser se réinstaller entre nous une certaine distance. Tout en prenant soin de rester dans sa mire. Ayant finit le parcours artistique -encore plus distrait qu'au début-, je rebroussais chemin vers la belle brune que l'aquilon qui balaie la côte Nord-Ouest du Canada avait déposé sur mon chemin.

Un nouveau sourire, et l'ensemble des préventions qui empêchent l'interaction était levé. A tel point que je me surpris à lancer une phrase d'une banalité confondante mais sincère :

-As far as I am concern, you are the most beautiful work of art in this place... By far.

Je me rendis seulement compte de ce que je venais de dire à la fin de la phrase. Je n'eus même pas le temps de claquer des dents en imaginant un éventuel de bêcheuse (auquel beaucoup de françaises m'avaient habituées). Elle me gratifiait d'un tendre "Ohhhhh it's so sweeeeet" finissant dans les aiguës puis me tendit la main en me donnant son nom dans un effluve de menthol. La petite Mary venait de Vancouver dans le cadre d'un échange linguistique visant à consolider sa connaissance de la langue de ses compatriotes francophones. Et n'importe quel "petit-fwançais" aurait voulu être son prof particulier.

Mystère des dispositions intérieures : je lançais un définitif et déjà nostalgique « it was nice meeting you » avant de tourner les talons. Ce petit suicide me brisait le cœur tout autant qu’il me donnait un curieux sentiment de satisfaction. Je me sentais plus noble, magnanime. Et je compris finalement l'utilité de ce genre de pratique, de cette ruse de ma raison: la maîtrise de soi, la capacité de contrôler soi-même toute les étapes de la séduction. Se préserver de l'incontinence pour dire les choses brutalement. Un auto-pavlovisme stratégique. Quelle jouissance pour celui qui jusque là avait le sentiment de ne rien maitriser de ce genre de situation!

J’avais ainsi rechargé volontairement les accus de ma propre frustration pour que, quand l’occasion de ne pas laisser passer une belle se présente à nouveau, j’outrepasse à coup sûr cette timidité, ce manque d’audace qui m’a peut-être fait rater, à moi comme à des milliers d’hommes une belle histoire. Peut-être aussi faisais-je payer inconsciemment à ma lolita canadienne les fins de non recevoir que m'avaient infligés d'autres amazones...

Aujourd’hui que la femme à le choix, qu’elle compare, évalue, teste, goûte, consomme, consume, éconduit, snobe… sur un marché matrimonial libéralisé, la philosophie pratique de la tentative avortée est peut-être l’un des rares moyens pour l’homme moderne un brin déboussolé par ces changements rapides de retrouver l’assurance en soi qui sied à toute tentative de séduction. Jamais les féministes ne reconnaitront que les évolutions sociales qu’a connu le statut de la femme depuis un demi-siècle est devenu source de souffrance pour l’homme. Il s’agit pour lui de retrouver un éthos par lequel il réaffirme sans complexe sa masculinité sans être terrorisé de parler à une femme qui lui plaît. Houellebecq voit juste quant il note que « le libéralisme économique, c’est l’extension du domaine de la lutte, son extension à tous les âges de la vie et à toutes les classes de la société. De même, le libéralisme sexuel, c’est l’extension du domaine de la lutte, son extension à tous les âges de la vie et à toutes les classes de la société. » (in Extension du domaine de la lutte). En effet tout était peut-être plus simple (je n’ai pas dit plus éthique…) sous régime patriarcal à cette époque du mariage précoce voulu par les familles respectives avec la fille du village…

C’est pour ceux qui, nombreux, flanchaient dans cette nouvelle configuration des rapports homme-femme que j’ai tenté de témoigner puis de théoriser pour enfin déboucher sur un moyen pratique qui permette à l'homme contemporain d’aller au-delà de lui-même et d'affirmer à nouveau frais une masculinité décomplexé.


* Si ce mot est récurrent dans le texte, c'est la fréquentation assidue du sociologue Erving Goffman qui le veut. Il est bien dommage que le fruit de ses recherches n'aient encore jamais été appliquées, à ma connaissance, à l'interaction de "séduction"...

Commentaires

« La menthe qui exhalait de son mâchouillement hyperactif sans être vulgaire me transportait immédiatement au sommet des Vosges... »

Fichtre comme c’est parfait !

Un existentialisme ‘’souriant’’ et une vision phénoménologique à la fois incisive et débonnaire, vraisemblablement fruit d’une remarquable nature aussi robuste que complexe.

La greffe de Giacomo Casanova sur Jean-Paul Sartre est tout à l’avantage de ce dernier ;-)

L’humble avis sincère d’un obscur gratte-papier : Vous êtes mûr pour l’imprimatur cher Cédric ; ne tardez pas trop.

Ibrahim.

Ecrit par : Ibrahim Tyan | 29.04.2009

Merci ktir ya sayyid.

Je sens en effet quelquechose se décanter mon cher ami. Mais que ce soit vous qui le releviez à de quoi motiver un peu plus à entrer sans complexes dans les lettres le fils du peuple que je suis.

Je souscrirais bien volontiers à votre rapprochement si je connaissais de Casanova autre chose que les lieux communs et si j'avais lu Sartre... Mais je lis principalement des sciences humaines, sauf depuis deux ans environ que j'ai "découvert" la poésie.

En outre, une bourse à la Villa Médicis ne serait pas de trop pour entamer la rédaction. Si je la décroche vous serez le premier invité ;-)

Ecrit par : Cédric | 29.04.2009

drague avec vaya et mika ... du jamais vu ... même si j'étais aux 2 concerts avec MJ :)

Beau récit

Ecrit par : frenchy | 01.05.2009

Merci ktir ya Frenchy! On aurait donc pu se croiser à Byblos où à mon bras se trouvait aussi une jamila loubnania. Très beau souvenir que ce concert au bord de la méditerranée, le regard rassurant de Rome par dessus l'épaule, le soleil rouge vif qui se couche lentement sur l'horizon libanais au son de la voix de Dani Klein...

Que le plus doux des zéphyrs libanais porte vers l'éternité la chaloupe phénicienne dans laquelle vous avez embarqué avec MJée.

Ecrit par : Cédric | 01.05.2009

Bonjour,
avec beaucoup de retard, je vous remercie de votre gentil mot sur mon blog.
Je découvre à mon tour le vôtre et j'y découvre sincèrement de quoi me nourrir.
Au plaisir...

Chekib

Ecrit par : Aïn | 27.06.2009

Surtout que, comme vous, je suis un de ces hommes qui "hésitent, bégayent, tergiversent..."

D'où peut-être notre peur partagée de nouveau pouvoir qu'ont les femmes, à savoir de prendre et de jeter avec plus de facilités qu'avant (avantages que n'avaient que les hommes jusqu'à présent, non ?)
Mais en vérité, une femme qui nous séduit ne peut avoir que du pouvoir sur nous, et a garder est toujours un combat difficile, une remise en question, quelque soit l'époque.
En fait ce qui nous caractérise, nous, les hommes qui hésitons, c'est notre peur de ne pas "assurer".

Ecrit par : Aïn | 30.07.2009

Ce récit vaut en fait condensé de rite initiatique. Fût un temps où effectivement j'"hésitais, bégayais, tergiversais". Plus maintenant, si l'on excepte les petits "ajustements" nécessaire quand une situation de séduction se profile...

Dégager un minimum d'assurance et s'estimer soi même plus que le désir que l'on porte à la demoiselle permet de se prémunir d'à peu près toutes les déceptions, les déconvenues. En gros mon cher Aïn, le poète fragile doit savoir s'effacer devant l'homme... dominateur serai-je tenté de dire. C'est un peu "éthologique", j'en conviens, mais c'est ma conception des choses. C'est pourquoi je voulais partager cette expérience (la philosophie pratique...).

Ce "pouvoir" de la femme dont vous parlez est en effet une permanence anthropologique. Pour moi, une jeune fille commence à devenir femme quand elle sent le regard d'un homme saturé de désir qui se pose sur elle et qu'elle envisage "ce qu'elle peut en faire"...

Simplement ce pouvoir est décuplé, dans le monde moderne par un ensemble de mutations politiques, sociologiques... qu'il serait trop long de décliner ici. Ces mutations, je ne les déplore pas forcément, mais qu'il soit au moins permis d'en tirer quelques conclusions sur la place de l'homme dans la société, le rapport de séduction, les effets de la multiplication des partenaires, les sites de rencontres utilisés comme réservoir masculin ect...

Ecrit par : Cédric | 30.07.2009

Je vous suis entièrement mon cher Cédric, et suis complètement d'accord avec vous, notamment sur ce pouvoir décuplé qu'ont aujourd'hui les femmes.
Mais le jeu reste le même.
Il me semble que l'homme simple, qui ose se montrer sensible, ne séduit qu'un temps. Il doit se montrer "homme" aussi. Avec ce que ça comporte de virilité, de "domination", de référent en tout cas, oser même une pointe de machisme que les femmes pourtant disent répugner.
De mes expériences, je tire les même conclusions que vous.

Ecrit par : Aïn | 30.07.2009

Dont acte.

Ecrit par : Cédric | 30.07.2009

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