25.03.2009
Quelques principes poétiques et litteraires
"La poésie est à la fois le lieu originaire de l'écriture et l'horizon de toute littérature. Elle n'est pas un genre parmi d'autres mais constitue l'expérience la plus radicale qui soit du langage, et l'épreuve la plus lumineuse du rapport obscur qui nous unit à lui.", Jean-Michel Maulpoix, "La poésie malgré tout" (Essai), Mercure de France, 1996.
"Il me semble qu’un bon critère pour juger de la qualité d’un roman serait, en fin de compte, que l’on décèle étroitement mêlées, la précision du poète et l’intuition de l’homme de science. S’il entend réellement baigner dans la magie d’un livre de génie, le lecteur avisé le lira, non pas avec son cœur, non pas avec son esprit mais avec sa moelle épinière : c’est là que se produit le frisson révélateur." Vladimir Nabokov, "Proust, Kafka, Joyce", Stock, 1999 [1980]
"Les autres, un peu plus exigeants, ont essayé, par une analyse de plus en plus fine et précise du désir et de la jouissance poétiques et de leurs ressorts, de construire une poésie qui jamais ne pût se réduire à l'expression d'une pensée, ni donc de se traduire, sans périr, en d'autres termes. Ils connurent que la transmission d'un état poétique qui engage tout l'être sentant est autre chose que celle d'une idée. Ils comprirent que le sens littéral d'un poème n'est pas, et n'accomplit pas, toute sa fin ; qu'il n'est donc point nécessairement unique." Paul Valéry, "Questions de poésie", La Nouvelle Revue Française, 1er janvier 1935, 23eme année, num 256.
"Je ne crois pas que soit de poésie vraie qui ne cherche aujourd'hui et ne veuille chercher jusqu'au dernier souffle, à fonder un nouvel espoir.", Yves Bonnefoy, L'improbable, Mercure de France, 2001.
23:42 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : poésie, litterature






Commentaires
Fallait-il par le plus étrange des hasards que Proust, Kafka et Joyce qui ont veillé jadis sur mes premiers tâtonnements intellectuels de jeune néophyte, soient présentés d’un seul trait dans votre billet cher Cédric, et par nul autre que ce grand diable de Nabokov dont la subtilité aristocratique et narquoise d’émigré Russe blanc au pays des yankees, et le génie délicieusement décadent mais ô combien impitoyable dans sa lucidité, ont influencé a jamais mes concepts littéraires !
Quant a la poésie, a mon tour de contribuer a ce forum par une citation exquise de Ronsard : ‘’La Poésie n’était au premier âge qu’une Théologie allégorique, pour faire entrer au cerveau des hommes grossiers par fables plaisantes et colorées les secrets qu’ils ne pouvaient comprendre.’’
Sans doute influencé par l’état de corruption générale qui afflige l’état Libanais actuel dans tous ses secteurs, y compris celui de la culture, je n’ai pu résister a terminer avec une citation désabusée de Malherbe : ‘’ Un bon poète n’est pas plus utile à l’État qu’un bon joueur de quilles.’’
Ecrit par : Ibrahim Tyan | 27.03.2009
Je comprends mieux maintenant cher Ibrahim d'où vous tenez ce style molotovien! Joyce comme bouteille, Proust comme tissu inflammable, Kafka comme alcool et Nabokov pour y mettre le feu.
Merci pour cette ardoise littéraire que vous nous livrez sans retenue...
Ecrit par : Cédric | 30.03.2009
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