27.09.2008
نزار قباني - أكرهها
Akrahoha (Je te hais)
Par Nizar Qabbani
أكرهها
أكرهها وأشتهي وصلها
وأنني أحب كرهي لها
أحب ذاك المكر في عينها
وزورها أن زورت قولها
أكرهها
عين كعين الديب محتالة
طافت أكاذيب الهوى حولها
قد سكن الجنون أحقادها
وأطفأت ثورتها عقلها
أشكي في شكي إذا أقبلت باكية
شارحة ذلها
فإن ترفقت بها استكبرت
وجرت ضاحكة ذيلها
إن عانقتني كسرت أضلعي
وأفرغت على فمي غلها
يحبها حقدي ويا طالما وددت
إذا طوقتها قتلها
01:10 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : akrahouha, nizar, qabbani, poète, syrien, arabe, baqliss
26.09.2008
Coquin de Musset
Je ne savais pas ça de Musset, qui malgré sa particule sait s'amusset:
"Chantez"
Chantez, chantez encor, rêveurs mélancoliques,
Vos douceureux amours, et vos beautés mystiques
Qui baissent les deux yeux ;
Des paroles du cœur vantez-nous la puissance,
Et la virginité des robes d’innocence,
Et les premiers aveux !
Ce qu’il me faut à moi, c’est la brutale orgie,
La brune courtisane à la lèvre rougie,
Qui se pâme et se tord ;
Qui s’enlace à vos bras dans sa fougueuse ivresse,
Qui laisse ses cheveux se dérouler en tresse,
Vous étreint et vous mord !
C'est une femme ardente autant qu'une espagnole
Dont les transports d'amour rendent la tête folle
Et font craquer le lit;
C'est une passion forte comme une fièvre,
Une lèvre de feu qui s'attache à a lèvre
Pendant toute une nuit!

C'est une cuisse blanche à la mienne enlacée,
Un regard embrasé d'où jaillit la pensée,
Ce sont surtout deux seins,
Fruits d'amour arrondis par une main divine,
Qui tous deux à la fois vibrent sur la poitrine,
Qu'on prend à pleines mains!
Eh bien! venez encore me vanter vos pucelles,
Avec leur regard froids, avec leurs tailles frêles,
Frêle comme un roseau,
Qui n'osent regarder et craignent de sourire,
Ne boivent que de l'eau!
Non, vous ne valez pas, ô tendues jeunes filles
Au teint frais et si pur caché sous la mantille
Et dans le blanc satin,
Non, dames du grand ton, en tout, tant que vous êtes,
Non, vous ne valez pas, femmes dites honnêtes,
Un amour de catin!
Alfred de Musset (in Le livre d'Eros, Club du Livre, Paris, 1970, p 110. Illustré par Trémois)
16:20 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
22.09.2008
Sébastien Japrisot et les femmes
Il y a quelques posts, j'évoquais Eric Laurrent comme auteur à femmes (comme il y a des hommes à femmes...). Dans cette catégorie figure aussi Sebastien Japrisot et Rainer Maria Rilke (dont je vous parlerai plus tard) tout en haut de mon panthéon personnel.
Dans La passion des femmes (folio, 1986), un japrisonnier de ses multiples conquêtes termine sa vie gisant sur le sable, une blessure mortelle en pleine poitrine. Ce n'est pas spécifiquement l'une de ses aventures qui l'a conduit à cette fin mais les intrications de celles-ci.
D'emblée le roman vous prend aux tripes. Peut-être parce qu'il commence par la mise en mot des derniers instants de la vie d'un homme qui a aimé (c'est ce que Léotard voulait que l'on écrive sur sa tombe: "Il a aimé." Rideau.) Et celui qui a aimé veut être accompagné jusqu'au seuil de son sommeil éternel par les femmes qui ont jalonné sa vie. Avec -je trouverais cela encore plus beau- la récurrence du visage de son épouse. Mieux: la surimpression du visage de celle-ci sur toutes les autres...
Japrisot (de son vrai nom Jean-Baptiste Rossi), marseillais à forte tête qui manqua de flinguer son éditeur a reçu son premier prix littéraire à l'âge de 17 ans par un jury qui comprenait Sartre, Triolet ou encore Aragon. Les succès s'enchainèrent au point qu'il devint l'un des écrivains français les plus lu à l'étranger, jusqu'après sa mort en 2003.

En outre, tous ses romans ont été adaptés au cinéma. Il a même fait une courte infidélité au monde du livre pour écrire uniquement des scénarii avant de revenir à la littérature. On le connaît plus récemment pour avoir été l'auteur de l'œuvre dont est tiré "Un long dimanche de fiançaille", adapté au cinéma en 2003 par Jean Pierre Jeunet, avec Audrey Tautou et Gaspard Ulliel (bien plus émouvant que dans Jacquou le Croquant) dans le rôle des amoureux séparés par la Grande Guerre, période récurrente dans l'œuvre de Japrisot.
Le passage de La passion des femmes que je voulais vous livrer est pour moi l'un des plus beaux hommages que l'on puisse rendre à celles-ci: penser à elles quand le souffle de la mort vous emporte:
"Et puis, juste comme il s'installe dans le futur pour y exercer son imagination redoutable, ce jeune homme aventureux sent passer sur lui un parfum de lauriers-roses, il entend un rire, et brusquement la vision oubliée le traverse à nouveau, lumineuse comme la première fois, si apaisante, si réelle qu'il est bien obligé de croire à un signe du ciel. Une jeune fille aux cheveux clairs, habillée de mousseline blanche, fond sur lui dans un grand souffle, juchée sur une balançoire, bras et jambes nus, visage ensoleillée, confondante de bonheur. Et quand, au bout de son envol, elle plonge en arrière et s'éloigne, une autre surgit, traversant la splendeur de l'été, sensuelle comme une bohémienne, les yeux les plus noirs, le cœur le plus chaud, et elle passe et disparaît à son tour pour qu'une troisième aussitôt la remplace, cambrure de marquise et minois effronté, emportant dans la turbulence de ses jupons le goût de miel des lauriers-roses. Et lui, dont le cœur bat plus lourd à chaque fois, il en compte quatre, il en compte cinq, et s'extasie d'un corsage ouvert sur un sein doré, ou de l'éclat d'une chair entrevue au-dessus d'un bas de soie, et il pourrait en compter six, sept, dix, allant et venant sur une balançoire, sans que s'efface aucune, sans qu'il puisse jamais oublier la première, son cou de cygne, la souplesse émouvante de sa taille ni l'or de son regard."
00:55 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Profane et sacré
Le blanc immaculé, sied à la sainte vierge comme à Eddy Barclay. Toutes les combinaisons sont possibles en modernité...
00:37 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
13.09.2008
Littérature libanaise à l'honneur
Ce blog n'existait pas encore mais sa création aurait surement pu être anticipée grâce à ce genre de rencontres. C'est pourquoi je porte celle-ci à votre attention après qu'elle se fut déroulée.
Du 12 au 24 novembre 2007, le Ministère de la Culture et son appendice littéraire le Centre National du Livre ont organisé une semaine dédiée à la littérature libanaise (principalement dans sa version francophone mais pas seulement), intitulée "Les Belles Etrangères"
Rencontre avec 12 écrivains, documentaire "Ecrire le Liban à jamais" disponible en ligne, anthologie regroupant les plus beaux textes de ces écrivains publiés aux éditions verticales... le ministère de la culture à enfin organisé un évènement d'ampleur qui apporte la considération qu'il mérite au rôle des écrivains libanais dans le rayonnement de la langue française par delà ses frontières.
Autre rendez-vous autour de la littérature libanaise, à venir cette fois, Les 5eme rendez-vous Francophones du Centre François Mauriac, à Malagar, près de Bordeaux (dans le libournais plus exactement) dédiés cette année à la littérature libanaise, le samedi 4 octobre 2008.
La journée débutera à 10h00, dans le cadre idyllique du domaine viticole où François Mauriac a écrit la plupart de ses "Carnets", par une table ronde avec des écrivains et journalistes libanais. A 15h00 sera organisée un débat sur le thème "Comment être artiste au Liban?" La journée se clôturera par une "performance" (j'ai peur...) de Rita Baddoura.
13:55 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
11.09.2008
D'entre les saints
En cette semaine de visite papale à Paris et à Lourdes, je reprends ici un poème perdu dans le flot de mes premiers récits beyrouthins... Gageons qu'une belle fidèle a déjà troublé le germain St Père, quelle que fusse la rigidité de sa toge et son aspect un brin martial...
D’entre les saints
(Poème évangélique)
Les victoires évangéliques, les millions d’hommes pieux,
Les immenses cathédrales qui tutoient le royaume des cieux ;
Tout cela était bien peu…
Quelle plus belle conquête pour un prophète,
Que de voir son icône suspendue au cou d’une coquette ?
Et d’être ballotée à la lisière de ses deux seins,
Qui ne sont ni Saint Paul, ni Saint Augustin.
Image pieuse et licencieuse à la fois :
Caressant son décolleté, la grande croix,
Suscitait plus désir de pécher
Qu’elle ne le contenait.
Mon Dieu, tu me pardonneras…
Si je n’ai d’yeux que pour elle,
C’est aussi une preuve de foi.

00:10 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
09.09.2008
Une femme pour "voyage" et pour "demeure"
"Quand une femme est la douceur et le trouble, l'amusement et la gravité, la nouveauté et la mémoire, le voyage et la demeure... quel homme digne de ce nom refuse ce miracle et choisit de fuir en invoquant l'inconfort d'aimer." (Erik Orsenna)
Mais qu'a donc pris à cet écrivain de gauche de faire l'apologie du mariage et de la monogamie quand persiste assez largement, chez les intellectuels du même bord, l'éthique du libertinage comme subversion d'on-ne-sait-quoi, vu qu'il ne semble plus y avoir grand chose à subvertir en matière de grand déballage du corps et du partage ad libitum de celui-ci ?
Erik Orsenna a écrit ces mots simples, au moment où l'on nous parle d'"encouplement" (Vincent Cespédès, Libération, vers 2006, recherche de la référence en cours) ou de contrôle inacceptable de l'Etat sur la "sexualité" (comprenait "pornographie", selon les critères de Marcela Iacub) Faisons l'hypothèse (un peu plus subversive que l'apologie de la partouse) que ce sont les survivances conservatrices de l'institution à laquelle il appartient -l'Académie Française- qui, rencontrant le progressisme de gauche, fondent une éthique de la relation de couple (cf l'ensemble de son œuvre, surtout ce qui arrive sur le Bengladesh, et plus généralement l'écologie...) qui intéressera surement les nouvelles générations qui arrivent un peu déboussolée dans le grand "marché matrimonial".
10:05 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note





